Le vertige positionnel paroxystique bénin est le plus fréquent de tous les vertiges. Ils surviennent lorsque des cristaux de carbonate de calcium qui se trouvent normalement dans les macules (oreille interne), se déplacent dans un canal semicirculaire où ils ne devraient pas y rester.

Dans le VPPB on sent des vertiges de courte durée (quelques secondes) lorsqu’on change de position : en se couchant ou en se levant du lit ou en se retournant d’un côté. Aussi en se penchant en avant ou en levant la tête.

On ne connaît pas la cause de ce phénomène ni le pourquoi de ces cristaux qui se sont décrochés et déplacés dans l’oreille interne.

PRISE EN CHARGE EN KINÉSITHÉRAPIE VESTIBULAIRE: Les manœuvres libératoires

L’identification du ou des canaux incriminés ainsi que la résolution des symptômes ne s’improvise pas, elle demande une expertise et une maîtrise des gestes thérapeutiques. Tout patient présentant un VPPB doit ainsi se tourner vers des médecins et des masseurs-kinésithérapeutes spécialisés pour lui indiquer la prise en charge adéquate. 

Dans un premier temps, à l’aide d’un masque avec une caméra infrarouge, le thérapeute doit trouver dans quelle oreille et dans quel canal sont allés se loger ces « cristaux ». Lorsqu’on réalise les différents tests, le patient peut ressentir le vertige qui ne dure que quelques secondes.

Une fois qu’on cible le canal atteint, le thérapeute réalise une manœuvre libératoire pour sortir les cristaux du canal.

Les jours qui suivent vous devrez suivre quelques consignes pour éviter certaines positions de la tête et dormir avec le dossier légèrement surélevé. Vous pouvez aussi vous sentir un peu instable après la séance mais tout devrait revenir à la normale ensuite.

Les récidives ne sont pas fréquentes, alors n’ayez pas peur de bouger !

En cas de nouveau vertige n’essayez pas de « remettre les cristaux par vous-même », appelez votre kinésithérapeute pour prendre rendez-vous.

La névrite vestibulaire est un déficit du nerf vestibulaire d’apparition brusque, sans atteinte auditive associée et d’origine indéterminée. Ainsi, l’organe de l’équilibre ne peut plus renseigner notre cerveau de la position de notre tête, et cette atteinte provoque immédiatement un grand vertige rotatoire et une grande instabilité. Des nausées et des vomissements sont également très fréquents. Les symptômes aigus peuvent durer quelques jours.
La cause la plus fréquente (30% des cas), est l’inflammation du nerf vestibulaire par un virus dont la porte d’entrée peut être respiratoire ou intestinal.
Le diagnostic de cette pathologie consiste à faire des examens et des tests minutieux pour s’assurer que la sensation de vertige et d’étourdissement n’est pas due à une autre anomalie.

PRISE EN CHARGE EN KINÉSITHÉRAPIE : Rééducation par adaptation-substitution

La rééducation vestibulaire joue un rôle déterminant dans le traitement de la névrite vestibulaire et dépend souvent du bilan diagnostic de chaque patient. Elle consiste souvent à créer des nouvelles connexions fonctionnelles par la pratique d’exercices vestibulaires actifs. On fera participer les structures vestibulaires restantes du côté lésé et le vestibule du côté sain, ainsi que les structures sensorielles visuelles et proprioceptives, pour restaurer la fonction vestibulaire.
A l’aide d’exercices guidés nous allons :

  • Stabiliser le regard en travaillant la coordination œil-tête-tronc sur différentes vitesses
  • Retrouver des réponses symétriques des oreilles internes à droite et à gauche sur le fauteuil rotatoire
  •  Augmenter votre équilibre dynamique et renforcer votre musculature par des exercices dits de proprioception, les yeux ouverts et fermés.

Habituellement, une ou deux séances par semaine pendant 6 à 8 semaines suffisent. Toutefois, ces périodes peuvent varier suivant l’état de chacun. (Chacun réagissant différemment, ces périodes peuvent varier). Le kinésithérapeute vous apprendra des exercices à réaliser seul à domicile pendant toute la durée de la rééducation.

L’Hydrops est une dilatation du labyrinthe membraneux occasionnée par une augmentation de la quantité de liquide à l’intérieur de l’oreille interne ce qui entraîne une hyperpression. La cause réside dans un blocage des voies d’évacuation de l’endolymphe dont l’origine reste inconnue.

Elle provoque des vertiges, une baisse d’audition, des acouphènes et des sensations d’oreille pleine. Habituellement, une seule oreille est touchée.

(Dans la Maladie de Ménière, ce phénomène évolue par crises assez invalidantes avec vertiges rotatoires intenses de durée variant de 15 minutes à 6 heures environ, vomissements et instabilité majeure. Quant à l’atteinte auditive, elle devient avec le temps plus profonde et permanente. A la longue, les crises sont plus rares et le syndrome se transforme en instabilité plus ou moins permanente.)

L’hydrops réalise l’équivalent de ce syndrome pressionnel mais sans crise.

La maladie Ménière est une pathologie récurrente dont le vertige peut durer environ 20 minutes et atteindre même jusqu’à 4 à 5 heures sans arrêt. C’est tellement incapacitant qu’il est souvent suivi d’une asthénie majeure, un état d’épuisement important sans aucun effort.

Dans les cas sévères, les crises peuvent être plus fréquentes: 1 à 2 fois par semaine entraînant aussi une baisse d’audition permanente. L’évolution est paroxystique mais avec une intensité variant d’un patient à un autre. Si au bout de quelques années les crises de vertiges peuvent s’estomper, ceci n’empêchera pas la surdité de s’aggraver. C’est ce que les spécialistes appellent un Ménière vieilli.

PRISE EN CHARGE EN KINÉSITHÉRAPIE VESTIBULAIRE : Kinésithérapie symptomatique et sensibilisation

On ne peut pas rééduquer un « Ménière », mais on peut agir sur le symptôme « vertige » et sur le symptôme « instabilité ». Nous pourrons donc travailler en sortie de crise ou entre les crises, pour retrouver un fonctionnement vestibulaire optimisé et une bonne stabilité.

Le thérapeute tiendra compte de l’état du patient et du nombre de jours depuis la dernière crise. On pourra proposer :

  • Technique d’habituation sur fauteuil rotatoire
  • Techniques de renforcement de la proprioception
  • Technique optocinétique pour lutter contre l’instabilité
  • Travail musculaire global.

(La cinétose ou mal des transports) Que ce soit en voiture, train, bus …le mal des transports, appelé aussi cinétose, est une contrainte pour de nombreux voyageurs. 

Cette pathologie est un malaise d’intensité variable induit par les déplacements à bord d’un véhicule terrestre, marin, aérien, etc, se manifestant sous forme de nausées, vomissements, transpiration, palissement… 

Il s’agit d’un conflit d’informations sensorielles non concordantes, où le sujet n’arrive pas à adapter une réponse appropriée face à une situation sensorielle insolite générée par un transport.

Notre équilibre se base sur les informations de notre vision, de l’oreille interne et des capteurs mécaniques des muscles des pieds et de la colonne vertébrale, qui nous renseignent de notre position dans l’espace (proprioception). Ces informations sont intégrées et déchiffrées dans notre cerveau, qui décide quelle est la meilleure stratégie pour garder notre équilibre et une bonne posture. A l’état normal, toutes les informations sont concordantes et l’équilibre et la marche sont assurés.

En cas de « faiblesse » d’un capteur (par exemple le capteur de l’oreille interne), le cerveau va négliger l’information erronée de ce capteur et transférer l’information vers les autres capteurs fonctionnels.
Dans certaines circonstances, ce transfert ne se fait pas ou bien se fait de façon excessive et les vertiges et les troubles de l’équilibre apparaissent.

PRISE EN CHARGE EN KINÉSITHÉRAPIE VESTIBULAIRE

Le kinésithérapeute doit réaliser un bilan pour évaluer le poids de chaque entrée sensorielle et comprendre l’organisation de l’équilibre pour chaque patient.

A l’aide d’exercices guidés on pourra compenser une entrée déficiente mais aussi à changer de stratégie et faire disparaître ces conflits. 

Selon le conflit sensoriel trouvé on proposera :

  • Travail avec réalité virtuelle immersive sous visiocasque avec stimulation optocinétique, flux optique simple et avancé et stimulation d’ascenseur.
  • Technique d’habituation sur fauteuil rotatoire à vitesse lente
  • Travail sur plan instable et vision asservie pour solliciter l’entrée vestibulaire.
  • Exercices d’équilibration statiques et dynamiques pour améliorer les performances proprioceptives.

L’équilibration comprend la station debout, la marche, et le maintien de l’équilibre dans toutes sortes de positions. Elle est assurée par plusieurs organes qui fonctionnent de manière coordonnée, pour transmettre au cerveau des informations sur la position du corps : la vision, la proprioception et le vestibule (oreille interne). Le dysfonctionnement d’un de ces éléments ou du cerveau, provoque un trouble de l’équilibre.

Les troubles de l’équilibre sont généralement causés par :

  • Un dérèglement au niveau de l’oreille interne, véritable organe de l’équilibre (Maladie de Ménière, névrite vestibulaire…)
  • Des troubles de la vision (cataracte, DMLA…)
  • Des maladies neurologiques, par exemple la maladie de Parkinson, ou bien la sclérose en plaque.
  • Une faiblesse musculaire

Ces différentes problématiques sont bien plus fréquentes chez les seniors. Il n’est pas rare chez les plus de 60 ans de cumuler plusieurs facteurs de risque : une baisse de force musculaire, des problèmes de vue, la fatigabilité, sans parler d’autres éléments aggravants comme la prise de certains médicaments, ou encore l’hypotension orthostatique.

Cela se traduit par une sensation d’instabilité, plus ou moins importante selon les personnes, et qui accentue les risques de chute.

PRISE EN CHARGE EN KINÉSITHÉRAPIE

En fonction de l’origine du problème et après avoir établi un bilan, le kinésithérapeute pourra proposer des séances pour :

  • Renforcer le capteur de l’équilibre déficitaire
  • Aider les muscles à retrouver leur force et souplesse
  • Travailler le schéma de marche
  • Travail d’amélioration des performances proprioceptives dans différentes situations
  • Travailler l’endurance
  • Travail du schéma corporel.
Source

www.sfkv.fr

Hillier, S. L., & McDonnell, M. (2010). Vestibular rehabilitation for unilateral peripheral vestibular dysfunction. Clinical Otolaryngology: Official Journal of ENT-UK ; Official Journal of Netherlands Society for Oto-Rhino-Laryngology & Cervico-Facial Surgery, 36(3), 248-249. doi:10.1111/j.1749-4486.2011.02309.x

Jean-Pierre Sauvage. Guide de rééducation vestibulaire. Elsevier Masson. 2015

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ELISA GARCIA

Masseur-Kinésithérapeute Diplômée en 1996 en Belgique<br>Membre de la Société Française de Kinésithérapeutes Vestibulaires<br>Num RPPS : 10006012131

CASAS SEREROLS Pablo

Kinésithérapie générale </br>Diplomé en Espagne en 2018 Services d’Orthopédie, Cardiologie, Chirurgie vasculaire et Chirurgie digestive CLINIQUE DU PONT DE CHAUME </br> Num RPPS : 10101747391

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MOLINA MORENO Belen

Kinésithérapie Pédiatrique </br>Diplomée en Espagne en 2020 Services d’Orthopédie, Cardiologie, Chirurgie vasculaire et Chirurgie digestive CLINIQUE DU PONT DE CHAUME </br>Num RPPS : 10109474584